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Mutualisation des réseaux : premiers pas de Bouygues et SFR

Cet été, nous apprenions que Bouygues Telecom et SFR étaient en pleines discussions portant sur un accord de mutualisation de leurs réseaux mobiles. A cette occasion, la direction de Free Mobile avait même fait parvenir un courrier fin novembre pour tenter de s’incruster dans cet accord (sans réponse favorable a priori). Depuis vendredi, c’est officiel : l’accord de mutualisation entre les deux opérateurs est signé ! Alors, que contient cet accord et qui en profitera ?

Tout d’abord, il faut bien voir que cet accord ne concerne pas la totalité des réseaux des deux opérateurs, et d’ailleurs, les communiqués de presse ne mentionnent pas le nombre de sites concernés par cette mutualisation.
Ce réseau partagé assurera une couverture de 57% de la population, soit 80% de la métropole, hors agglomérations de plus de 200 000 habitants et hors zones blanches (déjà concernées par la mutualisation). Le but est simplement d’améliorer la réception et la qualité tant en intérieur qu’en extérieur.
Pour cela, seront mis en place :

  • Une structure commune permettant la gestion des 11 500 sites radio mis en commun par les deux opérateurs ;
  • Un service de RAN-sharing (partage d’accès aux antennes) réciproque en 2G, 3G et 4G sur le réseau concerné.

La répartition de la couverture a été dévoilée : SFR va gérer le Nord et le Sud-Ouest, et Bouygues Telecom le grand Ouest et le Sud Est.

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Cet accord est entré en vigueur à la signature et devrait accoucher du réseau partagé fin 2017.

A noter qu’avec cette mutualisation, les opérateurs partagent uniquement leurs matériels, mais pas leurs fréquences. Bouygues ne partagera donc pas ses bandes de fréquences des 1800 MHz qui lui permettent de couvrir plus de 63% de la population en 4G avec SFR, et les deux opérateurs ne pourront pas mutualiser leurs bandes des 800 MHz qui leur permettraient d’avoir les mêmes débits maximum en 4G que leurs deux concurrents.
Cela aurait sans doute pu être l’occasion pour les deux opérateurs de ne plus avoir la moindre zone blanche et de pouvoir parler de couverture totale du territoire, mais ce ne sera pas le cas. Cet accord est donc conclu principalement pour réduire les coûts opérationnels des opérateurs (environ 200 M€ pour SFR et 100 M€ pour Bouygues) en tentant d’améliorer timidement la couverture existante et les services liés (notamment au niveau des débits de data) dans les zones les moins denses de la métropole.

L’Autorité de Régulation des Télécoms (ARCEP) a réagi favorablement à cet accord en précisant qu’elle allait l’étudier de près.

Aucune réaction de la part de Free Mobile pour le moment. L’opérateur n’ayant pas intégré à cet accord (malgré sa demande il y a un peu plus de 2 mois), il reste à voir si Bouygues et SFR seraient prêts à faire des concessions. Si tel était le cas, peut-être qu’Orange demanderait également à faire partie de cet accord.
La question sous-jacente des économies réalisées et des emplois soulignée par M. MONTEBOURG depuis plusieurs semaines (notamment via Twitter) reste cependant d’actualité : la suppression de 7000 antennes et donc la réduction des coûts d’entretien du matériel auront-elles un impact (à plus ou moins long terme) sur les effectifs des opérateurs ?

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